Comportement

Pourquoi mon chien mange ses crottes : causes et solutions

🐾Par Équipe Barky ⏱ 6 min de lecture
Bouledogue anglais fauve en harnais, tête baissée vers l'herbe au pied d'un arbre dans un jardin

🔎 En bref

  • Le comportement est fréquent : 16 % des chiens mangent régulièrement des selles et 23 % ont été observés au moins une fois (Hart et al., 2018).
  • Les causes sont d'abord comportementales : exploration du chiot, ennui, stress, recherche d'attention, imitation d'un autre chien du foyer.
  • Elles sont parfois médicales : malabsorption, insuffisance pancréatique exocrine, parasites, ou une ration qui ne couvre pas ses besoins.
  • Ce qui fonctionne : ramasser les selles immédiatement, enrichir ses journées, travailler le rappel et l'ordre « laisse », revoir la qualité de l'alimentation.
  • Ce qui aggrave : punir après coup, crier, frotter le museau dans les selles. Consultez si le comportement apparaît soudainement chez un adulte ou s'accompagne d'une perte de poids.

Diagnostic coprophagie Barky

Pourquoi mon chien mange ses crottes ?

3 questions, 20 secondes. On aide à comprendre si c'est un comportement à corriger ou un signal à faire vérifier. Ce n'est pas un avis vétérinaire.

1 / 3
Depuis quand ce comportement ?

Le moment d'apparition est un indice important.

Et côté appétit ?
Comment va-t-il par ailleurs ?

Le calcul se fait dans votre navigateur : aucune donnée n'est transmise.

Avis vétérinaire

Un examen s'impose

Une coprophagie apparue soudainement, un appétit dévorant ou un chien qui maigrit, vomit ou a des diarrhées peuvent trahir un problème d'assimilation, une carence ou des parasites. Ce n'est plus seulement du comportement.

  • Prenez rendez-vous chez le vétérinaire : un bilan permet d'écarter une cause médicale (malabsorption, parasites, trouble digestif).
  • Notez depuis quand cela dure et les autres signes observés : cela oriente le diagnostic.
  • Vérifiez que son vermifuge est à jour, mais ne remplacez pas l'avis du vétérinaire par une automédication.
Un changement soudain de comportement mérite toujours d'être pris au sérieux, même s'il paraît anodin.
À corriger

Un comportement à travailler

Une coprophagie régulière chez un chien en bonne forme est le plus souvent comportementale (ennui, habitude, recherche d'attention), parfois liée à la qualité de l'assimilation.

  • Ramassez les crottes immédiatement pour retirer la tentation, et gérez l'environnement.
  • Enrichissez ses journées : jeux, mastication, promenades, stimulation mentale.
  • Offrez une alimentation de qualité et bien assimilée, et ne le punissez jamais (cela renforce souvent le comportement).
  • Si rien ne change, parlez-en à votre vétérinaire pour écarter une cause nutritionnelle.
Rien d'alarmant

Probablement une phase

Chez un chiot ou un jeune chien qui explore, goûter à tout (crottes comprises) est fréquent et disparaît souvent en grandissant, avec une bonne éducation.

  • Ramassez systématiquement et détournez son attention vers un jeu ou une friandise.
  • Récompensez les bons comportements plutôt que de punir : l'éducation positive marche mieux.
  • Surveillez : si cela s'installe ou s'accompagne d'autres signes, refaites le point.

La coprophagie canine, c'est-à-dire le fait qu'un chien mange ses excréments ou ceux d'autres animaux, est un comportement beaucoup plus répandu qu'on ne l'imagine. Selon une étude de Hart et al. publiée en 2018 dans Veterinary Medicine and Science, 16 % des chiens sont des mangeurs fréquents de selles, et 23 % ont été observés au moins une fois en train d'en consommer. Les causes sont multiples : comportementales, nutritionnelles ou médicales. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des leviers concrets pour y répondre.

Les causes comportementales

Avant de chercher une explication médicale, il faut savoir que la coprophagie a souvent une origine purement comportementale. Et ça ne dit rien de mauvais sur votre chien, ni sur vous.

Les chiots et l'exploration

Chez les jeunes chiens, manger des crottes fait partie de l'exploration du monde. C'est normal, souvent passager, et la plupart des chiots abandonnent ce comportement avant l'âge de neuf mois. La mère elle-même ingère les déjections de ses petits pour maintenir la propreté du nid : c'est un comportement instinctif, inscrit dans la biologie de l'espèce.

L'ennui, le stress et la recherche d'attention

Un chien qui manque de stimulation, qui passe de longues heures seul ou confiné dans un espace restreint, peut développer ce comportement par désœuvrement ou par anxiété. L'American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB) souligne que les chiens issus de conditions d'élevage intensif (puppy mills) y sont particulièrement exposés.

La recherche d'attention joue aussi un rôle. Quand un maître se précipite vers son chien en criant dès qu'il voit la scène, le chien peut interpréter cette réaction comme une forme d'interaction, et recommencer pour obtenir la même réponse.

L'apprentissage par imitation

La coprophagie se transmet aussi entre congénères. Une seconde étude de Hart et al. (2018, Applied Animal Behaviour Science) a montré que 42,8 % des chiens coprophages vivaient avec un autre chien présentant le même comportement. L'imitation est un mécanisme d'apprentissage puissant chez le chien.

Dans les foyers multi-chiens, la prévalence grimpe d'ailleurs à 33 % contre 20 % dans les foyers avec un seul animal. Ce n'est pas une coïncidence.

Les causes nutritionnelles et médicales

Parfois, ce comportement signale quelque chose de plus profond. Il ne faut pas sauter aux conclusions, mais il faut y prêter attention.

La malabsorption et l'insuffisance pancréatique exocrine

Le Merck Veterinary Manual identifie la coprophagie comme un signe clinique possible de malabsorption. Quand un chien souffre d'insuffisance pancréatique exocrine (IPE) ou d'une maladie intestinale chronique, les nutriments traversent le tube digestif sans être correctement absorbés. Les selles contiennent alors des résidus alimentaires encore odorants, ce qui peut attirer le chien vers ses propres excréments.

Les signes associés à la malabsorption sont caractéristiques : perte de poids malgré un appétit normal ou augmenté, diarrhée chronique, mauvais état du pelage. Si votre chien présente ces symptômes en plus de la coprophagie, une consultation vétérinaire s'impose rapidement.

La faim et les carences

Un chien sous-alimenté ou dont la ration ne couvre pas ses besoins énergétiques peut chercher à compenser en mangeant ses excréments. Certaines sources évoquent des carences en vitamines du groupe B, notamment la thiamine, comme facteur possible. Cette piste reste débattue dans la littérature scientifique : chez des chiens recevant une alimentation commerciale complète et équilibrée, une carence alimentaire pure est peu probable.

Les parasites

Une infestation parasitaire peut modifier l'appétit et le comportement digestif d'un chien. L'Oregon Veterinary Medical Association (OVMA) recommande d'ailleurs une analyse coprologique régulière chez tout chien présentant une coprophagie, pour écarter cette hypothèse. C'est aussi l'occasion de vérifier que la vermifugation de votre chien est bien à jour.

Que faire concrètement ?

Pas de solution miracle, mais des actions simples qui, combinées, font vraiment la différence.

  • Ramasser les selles immédiatement. C'est la mesure la plus efficace. Pas de crottes accessibles, pas de tentation. Surveiller le chien dans le jardin juste après qu'il a fait ses besoins, et ramasser avant qu'il ait le temps de se retourner.
  • Enrichir l'environnement. Promenades quotidiennes suffisamment longues, jeux de flair, jouets d'occupation, interactions sociales. L'AVSAB recommande au minimum 30 minutes d'activité aérobie par jour. Un chien stimulé est un chien moins enclin à chercher des occupations douteuses.
  • Travailler le rappel et l'ordre « laisse ». Apprendre à votre chien à venir vers vous immédiatement après avoir fait ses besoins, avec une récompense de haute valeur, crée une habitude alternative solide. L'ordre « laisse » est aussi un outil précieux lors des promenades.
  • Revoir la qualité de l'alimentation. Une alimentation complète et bien assimilée est un point de départ essentiel. Si vous envisagez de changer progressivement son alimentation, faites-le sur au moins 7 à 10 jours pour éviter les troubles digestifs.
  • Ne pas réagir de façon excessive. Crier, courir vers le chien ou le punir peut renforcer le comportement par inadvertance. Restez calme, intervenez doucement.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

On comprend la réaction instinctive : voir son chien faire ça, c'est difficile. Mais certaines réponses aggravent le problème.

Punir après le fait. Le chien ne fait pas le lien entre la punition et l'acte passé. Il ne comprend pas pourquoi vous êtes en colère, et l'anxiété générée peut même augmenter la fréquence du comportement.

Frotter le museau dans les selles. Cette méthode, encore parfois conseillée, est aujourd'hui reconnue comme inefficace et potentiellement traumatisante. Elle ne transmet aucune information utile au chien et détériore la relation de confiance.

Crier ou gronder fort. Cela peut être perçu comme une forme d'attention, ce qui renforce exactement ce qu'on cherche à éteindre. L'AVSAB est claire sur ce point : les méthodes aversives ne sont pas recommandées dans la gestion de la coprophagie.

La bienveillance et la constance sont bien plus efficaces que la sévérité.

Le rôle de l'alimentation et de l'assimilation des nutriments

L'alimentation est un pilier souvent sous-estimé dans la gestion de la coprophagie. Ce n'est pas qu'une question de ce que le chien mange, c'est aussi une question de ce qu'il assimile réellement.

Un chien qui reçoit une alimentation de qualité, complète et adaptée à son stade de vie, a toutes les chances d'avoir un transit équilibré et des selles moins attractives pour lui-même. À l'inverse, une alimentation mal digérée laisse des résidus nutritifs dans les selles, ce qui peut entretenir le comportement.

Si vous vous interrogez sur la façon de bien choisir un complément alimentaire pour chien, gardez en tête que la priorité reste toujours une alimentation de base solide. Les compléments viennent en soutien, jamais en remplacement.

La question de l'appétit est aussi à surveiller. Un chien qui refuse de manger peut compenser d'autres façons, y compris en explorant ses excréments. Tout changement d'appétit mérite d'être noté et mentionné à votre vétérinaire.

🐾 Le point Barky Chez Barky, on est souvent interrogés sur ce que la nutrition peut faire face à la coprophagie. Soyons honnêtes : aucun complément alimentaire ne traite ni ne guérit la coprophagie. Ce n'est pas ce que nous prétendons, et ce ne serait pas vous rendre service que de le laisser croire. Ce que nous proposons avec notre complexe multivitaminé CF-01, c'est un soutien nutritionnel quotidien pour les chiens dont l'alimentation pourrait bénéficier d'un apport complémentaire en micronutriments essentiels. CF-01 contribue au bien-être global de votre chien, pas à un comportement spécifique. Si votre chien mange ses crottes, la première étape reste toujours la consultation vétérinaire et la gestion comportementale.

Quand consulter le vétérinaire ?

La coprophagie n'est pas toujours une urgence. Mais certains signaux doivent vous conduire chez votre vétérinaire sans attendre.

  • Apparition soudaine du comportement chez un chien adulte qui n'en avait jamais eu
  • Perte de poids malgré un appétit normal ou augmenté
  • Appétit anormal, qu'il soit excessif (polyphagie) ou absent (anorexie)
  • Présence de parasites visibles ou consistance anormale des selles
  • Léthargie, vomissements ou autres symptômes associés (si votre chien vomit également, consultez rapidement)
  • Comportement qui résiste à toutes les tentatives de gestion après plusieurs semaines

Dans ces situations, votre vétérinaire pourra écarter une cause médicale sous-jacente, notamment une insuffisance pancréatique exocrine, une maladie intestinale ou une infestation parasitaire.

Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire.

Questions fréquentes

Est-ce que la coprophagie est dangereuse pour mon chien ?

Dans la majorité des cas, manger ses propres selles présente un risque limité pour un chien en bonne santé. Le risque augmente quand il s'agit des selles d'autres animaux, qui peuvent contenir des parasites, des agents infectieux ou des résidus médicamenteux. Une analyse coprologique régulière est recommandée pour tout chien coprophage, afin d'écarter une contamination parasitaire.

Pourquoi mon chien mange-t-il ses crottes la nuit ?

La nuit, le chien est souvent seul et sans surveillance. Si le comportement survient dans un espace confiné (caisse, pièce fermée), il peut s'agir d'un réflexe de propreté du nid hérité de l'instinct maternel, ou d'un comportement lié à l'anxiété de séparation. Adapter les conditions de couchage, travailler l'autonomie du chien et s'assurer qu'il a bien fait ses besoins avant de dormir sont les premières pistes à explorer.

La coprophagie peut-elle disparaître toute seule ?

Chez les chiots, oui : le comportement disparaît souvent spontanément avant l'âge de neuf mois. Chez un chien adulte, c'est moins fréquent sans intervention. La gestion de l'environnement (ramassage immédiat des selles, enrichissement, travail du rappel) reste la stratégie la plus efficace. L'étude de Hart et al. (2018) note d'ailleurs que les produits commerciaux anti-coprophagie ont des taux de succès très faibles.

Mon chien mange les crottes des autres chiens : est-ce différent ?

Oui, il y a une nuance importante. L'étude de Hart et al. (2018) révèle que 85 % des chiens coprophages préfèrent les selles d'autres chiens plutôt que les leurs. Ce comportement, dit allocoprophagie, est souvent lié à l'imitation ou à l'attrait olfactif des selles fraîches (92 % des cas concernent des selles de moins de deux jours). Sur le plan des risques, consommer les selles d'un autre chien expose à davantage de contaminations potentielles, notamment si cet animal est traité médicalement.

Quels compléments alimentaires peuvent aider un chien coprophage ?

Il n'existe pas de complément alimentaire qui traite la coprophagie en tant que telle. Certains propriétaires rapportent des améliorations avec des produits modifiant le goût ou l'odeur des selles, mais les études scientifiques ne confirment pas leur efficacité de façon fiable. En revanche, si la coprophagie est liée à une malabsorption ou à une carence avérée, traiter la cause sous-jacente (avec l'aide du vétérinaire) peut réduire le comportement. Une alimentation de qualité, bien assimilée, reste la base.

Sources

  • Hart BL, Hart LA, Thigpen AP, Tran A, Bain MJ. The paradox of canine conspecific coprophagy. Veterinary Medicine and Science, 2018. Lien
  • American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB) : Help! My Dog Eats His Own Waste. Lien
  • Oregon Veterinary Medical Association : Dog Behavior, Coprophagia. Lien
  • Merck Veterinary Manual : Malabsorption Syndromes in Small Animals. Lien
🐾

Équipe Barky

Rédaction bien-être animal — Barky

L'équipe Barky rassemble des passionnés de chiens qui décortiquent la littérature vétérinaire pour en tirer des repères clairs et utilisables au quotidien. Nos contenus sont informatifs et ne remplacent jamais une consultation.

Les conseils Barky, dans votre boîte mail

Un conseil utile pour la santé de votre chien, de temps en temps. Zéro spam.

Désinscription en un clic. Vos données ne sont jamais revendues.