Pourquoi mon chien mange ses crottes : causes et solutions
🔎 En bref
Diagnostic coprophagie Barky
Pourquoi mon chien mange ses crottes ?
3 questions, 20 secondes. On aide à comprendre si c'est un comportement à corriger ou un signal à faire vérifier. Ce n'est pas un avis vétérinaire.
Un examen s'impose
Une coprophagie apparue soudainement, un appétit dévorant ou un chien qui maigrit, vomit ou a des diarrhées peuvent trahir un problème d'assimilation, une carence ou des parasites. Ce n'est plus seulement du comportement.
- Prenez rendez-vous chez le vétérinaire : un bilan permet d'écarter une cause médicale (malabsorption, parasites, trouble digestif).
- Notez depuis quand cela dure et les autres signes observés : cela oriente le diagnostic.
- Vérifiez que son vermifuge est à jour, mais ne remplacez pas l'avis du vétérinaire par une automédication.
Un comportement à travailler
Une coprophagie régulière chez un chien en bonne forme est le plus souvent comportementale (ennui, habitude, recherche d'attention), parfois liée à la qualité de l'assimilation.
- Ramassez les crottes immédiatement pour retirer la tentation, et gérez l'environnement.
- Enrichissez ses journées : jeux, mastication, promenades, stimulation mentale.
- Offrez une alimentation de qualité et bien assimilée, et ne le punissez jamais (cela renforce souvent le comportement).
- Si rien ne change, parlez-en à votre vétérinaire pour écarter une cause nutritionnelle.
Probablement une phase
Chez un chiot ou un jeune chien qui explore, goûter à tout (crottes comprises) est fréquent et disparaît souvent en grandissant, avec une bonne éducation.
- Ramassez systématiquement et détournez son attention vers un jeu ou une friandise.
- Récompensez les bons comportements plutôt que de punir : l'éducation positive marche mieux.
- Surveillez : si cela s'installe ou s'accompagne d'autres signes, refaites le point.
La coprophagie canine, c'est-à-dire le fait qu'un chien mange ses excréments ou ceux d'autres animaux, est un comportement beaucoup plus répandu qu'on ne l'imagine. Selon une étude de Hart et al. publiée en 2018 dans Veterinary Medicine and Science, 16 % des chiens sont des mangeurs fréquents de selles, et 23 % ont été observés au moins une fois en train d'en consommer. Les causes sont multiples : comportementales, nutritionnelles ou médicales. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des leviers concrets pour y répondre.
Les causes comportementales
Avant de chercher une explication médicale, il faut savoir que la coprophagie a souvent une origine purement comportementale. Et ça ne dit rien de mauvais sur votre chien, ni sur vous.
Les chiots et l'exploration
Chez les jeunes chiens, manger des crottes fait partie de l'exploration du monde. C'est normal, souvent passager, et la plupart des chiots abandonnent ce comportement avant l'âge de neuf mois. La mère elle-même ingère les déjections de ses petits pour maintenir la propreté du nid : c'est un comportement instinctif, inscrit dans la biologie de l'espèce.
L'ennui, le stress et la recherche d'attention
Un chien qui manque de stimulation, qui passe de longues heures seul ou confiné dans un espace restreint, peut développer ce comportement par désœuvrement ou par anxiété. L'American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB) souligne que les chiens issus de conditions d'élevage intensif (puppy mills) y sont particulièrement exposés.
La recherche d'attention joue aussi un rôle. Quand un maître se précipite vers son chien en criant dès qu'il voit la scène, le chien peut interpréter cette réaction comme une forme d'interaction, et recommencer pour obtenir la même réponse.
L'apprentissage par imitation
La coprophagie se transmet aussi entre congénères. Une seconde étude de Hart et al. (2018, Applied Animal Behaviour Science) a montré que 42,8 % des chiens coprophages vivaient avec un autre chien présentant le même comportement. L'imitation est un mécanisme d'apprentissage puissant chez le chien.
Dans les foyers multi-chiens, la prévalence grimpe d'ailleurs à 33 % contre 20 % dans les foyers avec un seul animal. Ce n'est pas une coïncidence.
Les causes nutritionnelles et médicales
Parfois, ce comportement signale quelque chose de plus profond. Il ne faut pas sauter aux conclusions, mais il faut y prêter attention.
La malabsorption et l'insuffisance pancréatique exocrine
Le Merck Veterinary Manual identifie la coprophagie comme un signe clinique possible de malabsorption. Quand un chien souffre d'insuffisance pancréatique exocrine (IPE) ou d'une maladie intestinale chronique, les nutriments traversent le tube digestif sans être correctement absorbés. Les selles contiennent alors des résidus alimentaires encore odorants, ce qui peut attirer le chien vers ses propres excréments.
Les signes associés à la malabsorption sont caractéristiques : perte de poids malgré un appétit normal ou augmenté, diarrhée chronique, mauvais état du pelage. Si votre chien présente ces symptômes en plus de la coprophagie, une consultation vétérinaire s'impose rapidement.
La faim et les carences
Un chien sous-alimenté ou dont la ration ne couvre pas ses besoins énergétiques peut chercher à compenser en mangeant ses excréments. Certaines sources évoquent des carences en vitamines du groupe B, notamment la thiamine, comme facteur possible. Cette piste reste débattue dans la littérature scientifique : chez des chiens recevant une alimentation commerciale complète et équilibrée, une carence alimentaire pure est peu probable.
Les parasites
Une infestation parasitaire peut modifier l'appétit et le comportement digestif d'un chien. L'Oregon Veterinary Medical Association (OVMA) recommande d'ailleurs une analyse coprologique régulière chez tout chien présentant une coprophagie, pour écarter cette hypothèse. C'est aussi l'occasion de vérifier que la vermifugation de votre chien est bien à jour.
Que faire concrètement ?
Pas de solution miracle, mais des actions simples qui, combinées, font vraiment la différence.
- Ramasser les selles immédiatement. C'est la mesure la plus efficace. Pas de crottes accessibles, pas de tentation. Surveiller le chien dans le jardin juste après qu'il a fait ses besoins, et ramasser avant qu'il ait le temps de se retourner.
- Enrichir l'environnement. Promenades quotidiennes suffisamment longues, jeux de flair, jouets d'occupation, interactions sociales. L'AVSAB recommande au minimum 30 minutes d'activité aérobie par jour. Un chien stimulé est un chien moins enclin à chercher des occupations douteuses.
- Travailler le rappel et l'ordre « laisse ». Apprendre à votre chien à venir vers vous immédiatement après avoir fait ses besoins, avec une récompense de haute valeur, crée une habitude alternative solide. L'ordre « laisse » est aussi un outil précieux lors des promenades.
- Revoir la qualité de l'alimentation. Une alimentation complète et bien assimilée est un point de départ essentiel. Si vous envisagez de changer progressivement son alimentation, faites-le sur au moins 7 à 10 jours pour éviter les troubles digestifs.
- Ne pas réagir de façon excessive. Crier, courir vers le chien ou le punir peut renforcer le comportement par inadvertance. Restez calme, intervenez doucement.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
On comprend la réaction instinctive : voir son chien faire ça, c'est difficile. Mais certaines réponses aggravent le problème.
Punir après le fait. Le chien ne fait pas le lien entre la punition et l'acte passé. Il ne comprend pas pourquoi vous êtes en colère, et l'anxiété générée peut même augmenter la fréquence du comportement.
Frotter le museau dans les selles. Cette méthode, encore parfois conseillée, est aujourd'hui reconnue comme inefficace et potentiellement traumatisante. Elle ne transmet aucune information utile au chien et détériore la relation de confiance.
Crier ou gronder fort. Cela peut être perçu comme une forme d'attention, ce qui renforce exactement ce qu'on cherche à éteindre. L'AVSAB est claire sur ce point : les méthodes aversives ne sont pas recommandées dans la gestion de la coprophagie.
La bienveillance et la constance sont bien plus efficaces que la sévérité.
Le rôle de l'alimentation et de l'assimilation des nutriments
L'alimentation est un pilier souvent sous-estimé dans la gestion de la coprophagie. Ce n'est pas qu'une question de ce que le chien mange, c'est aussi une question de ce qu'il assimile réellement.
Un chien qui reçoit une alimentation de qualité, complète et adaptée à son stade de vie, a toutes les chances d'avoir un transit équilibré et des selles moins attractives pour lui-même. À l'inverse, une alimentation mal digérée laisse des résidus nutritifs dans les selles, ce qui peut entretenir le comportement.
Si vous vous interrogez sur la façon de bien choisir un complément alimentaire pour chien, gardez en tête que la priorité reste toujours une alimentation de base solide. Les compléments viennent en soutien, jamais en remplacement.
La question de l'appétit est aussi à surveiller. Un chien qui refuse de manger peut compenser d'autres façons, y compris en explorant ses excréments. Tout changement d'appétit mérite d'être noté et mentionné à votre vétérinaire.
Quand consulter le vétérinaire ?
La coprophagie n'est pas toujours une urgence. Mais certains signaux doivent vous conduire chez votre vétérinaire sans attendre.
- Apparition soudaine du comportement chez un chien adulte qui n'en avait jamais eu
- Perte de poids malgré un appétit normal ou augmenté
- Appétit anormal, qu'il soit excessif (polyphagie) ou absent (anorexie)
- Présence de parasites visibles ou consistance anormale des selles
- Léthargie, vomissements ou autres symptômes associés (si votre chien vomit également, consultez rapidement)
- Comportement qui résiste à toutes les tentatives de gestion après plusieurs semaines
Dans ces situations, votre vétérinaire pourra écarter une cause médicale sous-jacente, notamment une insuffisance pancréatique exocrine, une maladie intestinale ou une infestation parasitaire.
Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire.
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